Jeu vidéo : The World Ends With You

On me demande fréquemment mon avis sur The World Ends With You car je le présente comme l’un de mes RPGs préférés et je me suis dit que plutôt que de rédiger un pavé pour chaque personne qui me pose la question j’allais en écrire un plus long pour tout le monde (Avec des images en plus !) !


The World Ends With You – Review

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« The World Ends With You » (« It’s a Wonderful World » au Japon) est un A-RPG (Jeu de rôle dont les combats sont en temps réel) sorti sur Nintendo DS en 2007 pour nos amis Nippons et en 2008 pour le continent américain et l’Europe. Edité par Square Enix et développé par ce même groupe avec l’aide du studio Jupiter il est passé plutôt inaperçu sous nos latitudes… Très certainement la faute à la non-localisation du titre, car le jeu fonctionne bel et bien sous nos consoles PAL mais n’est disponible qu’en anglais. Il en résulte une popularité amputée et le fait que ce titre ne pourra être pleinement compris par les anglicistes qui savent autre chose que les jours de la semaine et les couleurs. Ce qui est bien dommage !

En effet, ce jeu avait tout pour rentrer dans l’histoire du RPG…

Et puisqu’on parle d’histoire, commençons par le scénario de ce petit bijou !
Neku, 15 ans, se réveille au milieu de Shibuya, le quartier le plus branché de Tokyo, sans autre souvenir que son prénom. Il apprend bien vite qu’il est l’un des prisonniers du « Jeu » morbide proposé par les Reapers (on pourrait traduire par Faucheurs) au cours duquel lui et d’autres personnes décédées devront s’affronter pour avoir une « deuxième chance » parmi les vivants. Pour ce faire ils opèrent par binômes et disposent de 7 jours au cours desquels ils devront remplir diverses missions pour le compte de ces Reapers. Mais attention… ceux qui échouent se verrons effacer de manière définitive.

Le chara-design de Nomura est maîtrisé, c'est certain !

Le chara-design de Nomura est maîtrisé, c’est certain !

Au cours de cette aventure, Neku le renfermé, l’asocial, devra s’ouvrir et faire confiance à son partenaire si il veut survivre. Et il aura l’occasion (l’obligation surtout) de le faire grâce aux différents alliés qu’il sera forcé de côtoyer : Entre Shiki, amatrice de mode et fashion-victim, Joshua un jeune garçon arrogant et manipulateur, et Beat, skateur tête-brûlée aussi délicat qu’un camion-benne… Il aura de quoi se confronter à toutes sortes de personnes et de situations à la fois tragiques et cocasses.

Si la base du scénario n’a rien transcendant, la manière dont il est mis en scène et son développement en font une histoire particulièrement efficace et prenante. Bien que certains passages semblent « capilotractés » (les gens normaux disent « tiré par les cheveux »), le tout tient la route et certains retournements de situation sont intéressants.
Mais hormis cet univers et ces quelques retournements de situation, le jeu ne rompt pas avec le reste des RPGs et le héros aura de nouveau la lourde de tâche de sauver sa peau d’un groupe de « méchants » et éventuellement de filer un coup de pouce à ses compatriotes.
Mais « The World Ends With You » ne se limite pas à un jeu. Ce titre cherche à donner une leçon de vie au travers du personnage de Neku. Mais nous y reviendrons plus tard.

Le charisme, l'humour et la philosophie de Mr H valent à eux seuls le détour.

Le charisme, l’humour et la philosophie de Mr H valent à eux seuls le détour.

En plus de l’intérêt narratif réel dont le titre fait quand même preuve, la trame dramatique est doublée d’un humour particulièrement accrocheur : Que ce soit les rabattages de clapets opérés par Neku, les gaffes de Beat ou les défis absurdes proposés par certains Reapers un peu à l’ouest. De plus le tout est enrichi par un casting des plus efficaces, les Reapers ont aussi leurs personnalités et leurs petits soucis. Les personnages sont haut en couleurs et d’une grande variété, et même certains commerçants sont vraiment développés et mis en avant de manière originale et intéressante.
Le chara-design est franchement réussi et accrocheur ; en plus de donner beaucoup de caractère aux personnages, il contribue à la patte graphique et esthétique du soft qui est à la fois unique et novatrice. (Si vous avez bien suivi, c’est une transition pour en venir à l’aspect graphique du jeu).

Graphiquement, le jeu est d’une grande qualité.
Les environnements sont animés et d’une esthétique très particulière, qui rompt avec l’habituelle fantasy proposée par Square Enix. Ici nous sommes à Shibuya alors il faut s’attendre à voir des tags, des écrans de publicité géants, des personnes habillées normalement et des héros en baskets et en shorts.
Les personnage sont des sprites 2D assez fins, qui ressortent nettement de la foule (ce qui est plutôt pas mal pour localiser son personnage sur l’écran quand il y tout un groupe de PNJs dans le coin). L’ambiance de la ville est très hip-hop et on passe d’un tableau à un autre pour progresser, chacun représentant une zone de Shibuya, en allant du bâtiment du 10-4 au Magasin Central de Shibuya ou bien A-East qui est une salle de concert.
NB :  Je ne sais absolument pas si il s’agit de lieux fictifs ou réels. Je suppose qu’il y a un peu des deux mais je n’ai pas de réelle certitude à ce propos.

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On peut aimer ou non le côté très manga mais il faut reconnaître une certaine esthétique chez les héros.

En somme la patte graphique de ce jeu est unique et lui donne une atmosphère particulière et assez inédite pour un jeu de ce type. Même si elle peut rebuter certains, il faut reconnaître qu’elle reste d’excellente facture et qu’elle colle particulièrement bien à l’identité urbaine et fashion du jeu. On peut reprocher à Nomura de ne pas avoir su se détacher de l’esthétique Kingdom Hearts mais il faut lui concéder qu’il a su l’adapter de manière admirable à ce soft.
Qui dit environnement inédit dit bande-son inédite. Et c’est cette fois sur fond de J-Pop et de Hip-Hop nippon que vous irez combattre vos adversaires ! Le pari est audacieux et les morceaux peuvent fortement déplaire comme vraiment accrocher. Le point faible de cette bande son étant qu’elle dispose d’un nombre assez réduit de pistes, moins d’une quarantaine dont certaines finissent par tourner en boucle et par devenir insupportable. C’est le cas du thème principal, Twister, pourtant très sympa, qui devient vite une torture puisqu’on l’entend durant le quart des combats en plus du remix insipide qu’il faut endurer pendant les boss. The-World-ends-with-you-logo-2
Encore une fois le doublage japonais passe à la trappe au profit de la mouture américaine de plutôt bonne facture qui ne se résume en fait qu’à des interjection destinées à marquer l’émotion qui anime la voix du personnage au cours des dialogues ou des phrases lancées pendant les affrontements.

Quoiqu’il en soit le tout colle plutôt bien à l’atmosphère générale du jeu et complémente très bien le côté urbain de l’univers.

Pour ce qui est du côté ludique du titre, le programme est parsemé de bonnes surprises !
Chaque jour est dédié à une mission, commanditée par le Maître du Jeu. Mais quelle qu’elle soit, cette mission en inclut plusieurs autres. En effet, si vous voulez accéder à telle zone au jour 3 de la première semaine, il faudra abattre 3 Noise (qui sont les monstres locaux) devant le Reaper qui la garde. Et si vous voulez accéder à la même zone le lendemain… il faudra remplir une autre condition, et ainsi de suite… Chaque Reaper a ses éxigences et n’ouvre le mur d’une zone qu’à ceux qui y répondent, il faudra tour à tour apporter un pin’s, un objet, abattre un ennemi… Bref, ce système transforme la ville de Shibuya en donjon intégral et renouvelable à l’infini, idée qui compense intelligemment la taille réduite de la zone explorable et qui cloisonne la progression du joueur de manière plutôt bien pensée.
Un level-design de très bonne qualité donc !

Au début les combats sont très lisibles mais pas mous pour autant !

Au début les combats sont très lisibles mais pas mous pour autant !

Les affrontements sont le point fort du jeu qui utilise ici le double-écran de le Nintendo DS de manière inédite et particulièrement ludique : En bas vous contrôlerez Neku qui utilise des pouvoirs psychiques associés à des badges. Il est possible d’équiper jusqu’à six badges dont chacun répond à une commande tactile. Par exemple suivant les badges équipés tracer un trait sur l’écran lancera une attaque, toucher un ennemi une autre, maintenir le stylet sur Neku en déclenchera une différente… Ce système particulièrement ingénieux offre une variation de combinaisons et de stratégies des plus appréciable !
Il vous faudra cependant gérer l’écran du haut simultanément à vos actions sur l’écran inférieur à l’aide des touches fléchées ou des boutons A, B, X, et Y. Grace à cela vous pourrez orienter la direction des attaques de votre partenaire et le protéger ou le faire esquiver à loisir. De plus, chaque partenaire se joue de manière différente : Shiki aligne des symboles et deviner lequel sera le suivant procure au joueur des étoiles, Beat doit aligner des cartes similaires pour gagner des étoiles et Joshua utilise un système de valeur numérique pour en obtenir. Ces étoiles vous permettront de réaliser des attaques de Fusion qui sont d’une puissance remarquable.
En plus de cela, chaque partenaire possède un éventail de compétences propres, Shiki peut se baisser et sauter pour esquiver les coups et le projectiles, Joshua peut utiliser le flash de la caméra de son téléphone portable pour aveugler l’adversaire et Beat peut effectuer des attaques aériennes et rebondir d’ennemi en ennemi. Quand au points de santé, ils sont partagés entre les deux personnages : que ce soit Neku ou son partenaire qui encaisse des dégâts, la jauge unique baisse quoi qu’il arrive !

Cette petit lumière verte sert à vous aider à alterner entre les écrans jusqu'à pouvoir gérer les deux à la fois

Cette petit lumière verte sert à vous aider à alterner entre les écrans jusqu’à pouvoir gérer les deux à la fois

Si tout cela semble un peu fouillis, soyez rassuré, le jeu est plutôt sympathique de ce point de vue là et laisse le joueur progresser jusqu’à ce que l’utilisation simultanée des deux écrans devienne un réflexe. D’ailleurs, pour ce qui est de la progression (Admirez encore une fois la qualité de la transition), le jeu se veut à nouveau original. Les badges qui confèrent ses pouvoirs à Neku peuvent évoluer et gagner en expérience pour évoluer et devenir encore plus puissants… Ce système n’est pas sans rappeler le concept des matérias de Final Fantasy VII.
Pour ce qui est de l’équipement, ne comptez pas sur les armures et autres haches de combat. Non, dans TWEWY vous aurez à vous protéger à l’aide de chapeaux et de jean’s à la mode en passant par les sweats, les jupes, les accessoires du type lunettes de soleil, dentier (Je suis sérieux) et autres idées farfelues.

C’est d’ailleurs par le biais des marques que le jeu propose un nouveau concepts des plus intéressants : les marques influent sur les combats. Hé oui ! Porter des badges de telle marque alors que la mode en est à une autre peut aller jusqu’à diviser leur efficacité par deux et le contraire peut très bien la doubler ! Bref, encore l’une de ces petites trouvailles dont le soft fourmille…

Le gameplay de The World Ends With You est donc riche et bien pensé, regorgeant de petites surprises. Je n’en ai d’ailleurs même pas dévoilé le tiers tant c’est fouillé et travaillé ! Et les dix heures du scénario ne seront qu’un échauffement pour appréhender toute la gymnastique qu’exigent ces combats. Car oui, en ligne droite, le soft se termine en une petite dizaine d’heures. Mais TWEWY ne se limite pas à un simple RPG qu’on fait pour avoir le scénario comme référence. Non.

Très tôt dans le jeu, Sanaé Hanekoma, un personnage aussi mystérieux que charismatique incitera Neku à s’ouvrir en lui lançant cette phrase « This World Ends With You ».
Cette fameuse phrase, qui sert entre autres de titre au jeu, « The World Ends With You », résume le message de Nomura dans cette oeuvre. « Le Monde s’Achève Avec Toi ». Le monde s’achève là ou on décide qu’il a une limite et qu’il n’a plus rien à nous apporter. Et cela vaut pour tout.
Alors se limiter au scénario de ce jeu serait nier ce beau message d’ouverture et sa poésie. Je vous incite vivement à faire les missions annexes qui débloquent des items inédits, à jouer aux mini-jeux, à terminer le chapitre bonus qui parachève le scénario, à découvrir les portions de scénario alternatives, à ne pas céder à la facilité en jouant en Easy, à profiter du New Game +, à collecter les badges secrets et à découvrir le Boss Secret pour décupler la durée de vie du soft (J’ai pratiquement 60h de jeu dessus et j’approche des 100% de complétion) mais aussi et surtout pour recevoir le message final de Mr. Hanekoma.

« Ce monde s’achève avec toi. Si tu veux profiter de la vie, tu dois étendre ton univers. Tu dois étirer tes horizons aussi loin qu’ils iront. » Mr H.

Car c’est bien là que ce jeu mérite d’entrer dans l’histoire du RPG, c’est un jeu qui délivre un puissant message aux joueurs de tous horizons : Un jeu ne s’arrête que lorsqu’on en a trouvé et éprouvé les limites ludiques mais aussi philosophiques et morales. Et cela vaut pour TWEWY plus que pour tout autre : This Game Ends With You.

PS : L’univers du jeu est d’ailleurs toujours en expansion puisqu’une version Androïd et iOS est sortie il y a un ou deux sous le nom de « The World Ends With You : Solo Remix ». Je ne sais par contre pas s’il s’agit d’un social game, d’un spin-of ou d’une version adaptée pour un seul écran tactile du jeu original.

PPS : Je suis allé me renseigner quand à ce fameux « Solo Remix » et en fait il s’agit d’un remake du jeu optimisé pour un seul écran avec un peu de contenu supplémentaire et une OST plus variée (comme quoi !). Le jeu semble en plus avoir subi un petit lifting graphique de plus sympathique.
Le prix peut surprendre : 16 euros.
SI ça parait plutôt abusif pour un jeu sur téléphone portable, dites vous qu’il faudra débourser au moins une trentaine d’euros (J’ai vu que ça montait à 80 parfois) pour obtenir une version DS en état de marche. Après c’est à vous de voir !

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